
CONTEXTE
A l’instar de tout le sud-ouest français, le département de la Charente-Maritime est marqué par un fort déséquilibre entre la ressource en eau et les prélèvements réalisésen période estivale. La quasi-totalité du département est ainsi classée en Zone de Répartition des Eaux (ZRE) : secteurs dans lesquels est constatée une insuffisance chronique de la ressource en eau par rapport aux besoins des milieux naturels, aquatiques et humides, et des utilisateurs (AEP, industrie, agriculture).
Qui plus est, le réchauffement climatique, d’ores et déjà visible, va accroitre le déséquilibre hydrologique en période estivale et accentuer les tensions sur la ressource en eau.
Pour concilier tous les usages de l’eau et parvenir aux objectifs de bon état des milieux fixés dans la directive cadre sur l’eau tout en s’adaptant au changement climatique, une politique de gestion partagée et équilibrée de la ressource en eau est mise en œuvre à travers l’outils Projet de Territoire pour la Gestion de l’Eau qui se doit notamment de décliner :
- un volet d’actions en faveur de la limitation de la demande en eau : économie d’eau, efficience des usages, recyclage des eaux, modifications des pratiques…
- un volet de solutions fondées sur la nature visant à protéger, gérer et restaurer de manière durable les écosystèmes naturels ;
- un volet sur la transition agroécologique offrant des solutions pour une agriculture plus résiliente face aux effets du changement climatique ;
- et peut intégrer si nécessaire un volet d’actions relatives à l’offre telles que le stockage d’eau.
La création de nouveaux ouvrages de stockage d’eau constitue une des mesures du Plan National d’Adaptation au Changement Climatique 2024-2028 (PNACC-3) et duPlan d’adaptation au changement climatique du bassin Adour-Garonne. Elle est également promue par le Code de l’environnement (article L.211-1,I,5°bis) au titre des objectifs concourant à une gestion équilibrée et durable de la ressource en eau et permettant de garantir l’irrigation, élément essentiel de la sécurité de la production agricole et du maintien de l’étiage des rivières, et de subvenir aux besoins des populations locales.
Plus récemment, la loi Duplombpromulguée le 11 août 2025 dispose que, dans les zones affectées d’un déficit quantitatif pérenne compromettant le potentiel de production agricole, les ouvrages de stockage d’eau et les prélèvements sur les eaux superficielles ou souterraines associés sont présumés « d’intérêt général majeur » et « répondre à une raison impérative d’intérêt public majeur » lorsqu’ils sont issus d’une démarche territoriale concertée sur la répartition de la ressource en eau entre l’ensemble des usagers, qu’ils s’accompagnent d’un engagement des usagers dans des pratiques sobres en eau et qu’ils concourent à un accès à l’eau pour tous les usagers.
DIFFÉRENTS TYPES D’OUVRAGES DE STOCKAGE D’EAU
Il existe une grande diversité d’ouvrages de stockage d’eau qui s’exprime à travers les usages (alimentation en eau potable, agricole, industriel, piscicole, loisir ou soutien d’étiage), le mode d’alimentation et de restitution de l’eau, l’implantation sur le bassin versant et le lien avec le cours d’eau :

1. Retenue de substitution alimentée par pompage dans la nappe phréatique
2. Retenue de substitution alimentée par pompage dans le cours d’eau
3. Retenue collinaire alimentée par le ruissellement ou les eaux de drainage
4. Retenue en dérivation du cours d’eau
5. Retenue en barrage du cours d’eau
LES RÉSERVES DE SUBSTITUTION 

Définition
Les réserves (ou retenues) de substitution sont des « ouvrages artificiels permettant de substituer des volumes prélevés en période de basses eaux par des volumes prélevés en période de hautes eaux. Les retenues de substitution permettent de stocker l’eau par des prélèvements anticipés ne mettant pas en péril les équilibres hydrologiques, biologiques et morphologiques, elles viennent en remplacement de prélèvements existants »
Source : Guide juridique construction de retenues 2011 – Expertise scientifique collective sur l’impact cumulé des retenues d’eau sur le milieu aquatique 2016
De taille variable, la réserve de substitution est :
- un ouvrage artificiel construit en déblais-remblais en dehors des zones inondables et des zones humides ;
- un ouvrage rendu étanche par la mise en place d’une géomembrane, déconnecté du milieu naturel ;
- un ouvrage alimenté par des pompages existants autorisés en nappe ou en cours d’eau ;
- un ouvrage qui permet de substituer une partie des prélèvements qui se font actuellement en période d’étiage par des prélèvements en période de hautes eaux afin de diminuer la pression sur les milieux aquatiques.
En pratique,


LES IMPACTS ATTENDUS
Sur le plan quantitatif, la réserve de substitution :
- concourt à une gestion équilibrée et durable de la ressource en eau ;
- entraine une remontée des niveaux de la nappe favorisant une alimentation plus longue du réseau hydrographique et limitant ainsi les assecs de cours d’eau en période estivale ;
- préserve les milieux aquatiques comme les marais et les zones humides ;
- préserve la ressource pour les autres usages en période d’étiage.
Sur le plan socio-économique, la réserve de substitution :
- sécurise les productions alimentaires ;
- améliore la compétitivité des exploitations ;
- consolide l’emploi local et non délocalisable ;
- contribue à l’aménagement du territoire et à l’économie générale du département ;
- sécurise l’accès à l’eau dans le contexte du changement climatique.
Sur le plan environnemental, la réserve de substitution :
- minimise les impacts environnementaux du fait de son isolement par rapport au milieu naturel, contrairement aux autres ouvrages de stockage d’eau (barrages, retenues en dérivation, retenues collinaires) ;
- favorise la diversification des cultures ;
- concourt à la restauration d’un maillage arboré avec la plantation de haies en périphérie des sites de stockage ;
- peut constituer une zone de repos pour les espèces migratrices et une zone d’accueil de l’avifaune de plaine avec la mise en place d’une gestion des couverts herbacés par fauches tardives, sans recours aux fertilisants ou phytosanitaires, favorables aux insectes et aux micromammifères.